Les quatre évangiles

Fiction & Literature, Literary
Cover of the book Les quatre évangiles by EMILE ZOLA, GILBERT TEROL
View on Amazon View on AbeBooks View on Kobo View on B.Depository View on eBay View on Walmart
Author: EMILE ZOLA ISBN: 1230002654058
Publisher: GILBERT TEROL Publication: October 10, 2018
Imprint: Language: French
Author: EMILE ZOLA
ISBN: 1230002654058
Publisher: GILBERT TEROL
Publication: October 10, 2018
Imprint:
Language: French

La veille, le mercredi soir, Marc Froment, instituteur à Jonville, accompagné de sa femme Geneviève et de sa fillette Louise, était arrivé, comme il en avait l’habitude, à Maillebois, où il passait un mois de ses vacances, chez la grand-mère et la mère de sa femme, Mme Duparque et Mme Berthereau, ces dames, ainsi qu’on les nommait dans le pays. Maillebois, un chef-lieu de canton de mille habitants, n’était qu’à dix kilomètres du village de Jonville, et à six seulement de Beaumont, la grande et vieille ville universitaire.

Ces premières journées d’août étaient accablantes. Le dimanche, pendant la distribution des prix, il y avait eu un orage épouvantable. Cette nuit encore, vers deux heures, une pluie diluvienne était tombée, sans avoir rafraîchi le ciel, qui restait nuageux, bas et jaune, d’une lourdeur de plomb. Et ces dames, levées dès six heures, pour assister à la messe de sept heures, se trouvaient déjà dans la petite salle à manger du rez-de-chaussée, attendant le jeune ménage, qui ne se hâtait point de descendre.

Les quatre tasses étaient sur la toile cirée blanche, et Pélagie entra, la cafetière à la main. Petite, rousse, avec un grand nez et des lèvres minces, depuis vingt ans au service de Mme Duparque, elle avait la parole libre.

— Ah bien ! dit-elle, le café va être froid, et ce ne sera pas ma faute.

Quand elle fut retournée dans sa cuisine, en mâchant de sourds reproches, Mme Duparque elle-même témoigna son mécontentement.

— C’est insupportable, on dirait que Marc s’amuse à nous faire manquer la messe, quand il est ici.

Mais Mme Berthereau, indulgente, risqua doucement une excuse.

— L’orage les aura empêchés de dormir, et je viens de les entendre qui se dépêchaient, au-dessus de ma tête.

Âgée de soixante-trois ans, très grande, très noire encore de cheveux, le visage froid, coupé de profondes rides symétriques, avec des yeux de sévérité et un nez de domination, Mme Duparque avait longtemps tenu un magasin de nouveautés, À l’Ange Gardien, sur la place Saint-Maxence,

View on Amazon View on AbeBooks View on Kobo View on B.Depository View on eBay View on Walmart

La veille, le mercredi soir, Marc Froment, instituteur à Jonville, accompagné de sa femme Geneviève et de sa fillette Louise, était arrivé, comme il en avait l’habitude, à Maillebois, où il passait un mois de ses vacances, chez la grand-mère et la mère de sa femme, Mme Duparque et Mme Berthereau, ces dames, ainsi qu’on les nommait dans le pays. Maillebois, un chef-lieu de canton de mille habitants, n’était qu’à dix kilomètres du village de Jonville, et à six seulement de Beaumont, la grande et vieille ville universitaire.

Ces premières journées d’août étaient accablantes. Le dimanche, pendant la distribution des prix, il y avait eu un orage épouvantable. Cette nuit encore, vers deux heures, une pluie diluvienne était tombée, sans avoir rafraîchi le ciel, qui restait nuageux, bas et jaune, d’une lourdeur de plomb. Et ces dames, levées dès six heures, pour assister à la messe de sept heures, se trouvaient déjà dans la petite salle à manger du rez-de-chaussée, attendant le jeune ménage, qui ne se hâtait point de descendre.

Les quatre tasses étaient sur la toile cirée blanche, et Pélagie entra, la cafetière à la main. Petite, rousse, avec un grand nez et des lèvres minces, depuis vingt ans au service de Mme Duparque, elle avait la parole libre.

— Ah bien ! dit-elle, le café va être froid, et ce ne sera pas ma faute.

Quand elle fut retournée dans sa cuisine, en mâchant de sourds reproches, Mme Duparque elle-même témoigna son mécontentement.

— C’est insupportable, on dirait que Marc s’amuse à nous faire manquer la messe, quand il est ici.

Mais Mme Berthereau, indulgente, risqua doucement une excuse.

— L’orage les aura empêchés de dormir, et je viens de les entendre qui se dépêchaient, au-dessus de ma tête.

Âgée de soixante-trois ans, très grande, très noire encore de cheveux, le visage froid, coupé de profondes rides symétriques, avec des yeux de sévérité et un nez de domination, Mme Duparque avait longtemps tenu un magasin de nouveautés, À l’Ange Gardien, sur la place Saint-Maxence,

More books from GILBERT TEROL

Cover of the book Les imposteurs démasqués et les usurpateurs punis by EMILE ZOLA
Cover of the book La Princesse des airs by EMILE ZOLA
Cover of the book Escal-Vigor by EMILE ZOLA
Cover of the book Les Bandits tragiques by EMILE ZOLA
Cover of the book On n’est pas que des bœufs by EMILE ZOLA
Cover of the book L’Entraide, un facteur de l’évolution by EMILE ZOLA
Cover of the book Au moulin de la mort by EMILE ZOLA
Cover of the book ALBERT SAVARUS by EMILE ZOLA
Cover of the book Rose et Blanche by EMILE ZOLA
Cover of the book CONTRE VERRES by EMILE ZOLA
Cover of the book Sous le soleil de Satan by EMILE ZOLA
Cover of the book Thérèse Aubert by EMILE ZOLA
Cover of the book Napoléon le Petit by EMILE ZOLA
Cover of the book Pot Bouille (1882) by EMILE ZOLA
Cover of the book LA MAISON DU CHAT QUI PELOTE by EMILE ZOLA
We use our own "cookies" and third party cookies to improve services and to see statistical information. By using this website, you agree to our Privacy Policy